Aussi étrange que cela puisse paraître, à chaque fois que je repense à la série mythique Zelda, les images qui me viennent immédiatement en tête ne sont pas celles du fabuleux épisode dédié à la Super Nintendo : La Légende de Zelda – A Link to the Past, mais plutôt celles de l’épisode Gameboy. Certes ces images, la première fois que je les ai découvertes, étaient en noir et blanc, et pourtant, une fois plongé dans l’histoire, il me fut impossible d’en décrocher pendant plusieurs jours, en fait juste le temps d’en venir à bout…

Je vous propose aujourd’hui de vous replonger avec moi dans cet épisode mythique, pierre angulaire de toute la saga, ou plutôt dans sa version DX (Deluxe), sortie cinq ans plus tard sur Gameboy Color. Loin de moi l’idée de mépriser les graphismes de l’épisode originel, ils étaient dignes de la technologie portable de l’époque, par contre aujourd’hui, leur impact visuel serait clairement amoindri, tant notre œil s’est habitué au miracle de la couleur. Ainsi, loin d’atteindre la beauté visuelle des jeux 2D actuels, cette version redonne un second souffle bien appréciable au jeu en proposant des décors recolorés, sans débauches d’effets superflus, mais rendant tout simplement hommage à la version de l’époque.

Laisser-moi vous conter cette histoire féerique intitulée La Légende de Zelda – Le Réveil de Link…

 

Depuis la veille au soir, la mer était démontée. Les éléments qui jusque là s’étaient montrés plutôt cléments avec le navire sur lequelle Link s’était embarqué une semaine plus tôt, semblaient à présent prendre un malin plaisir à s’opposer à sa progression.
Haut dans le ciel, un orage avait éclaté, libérant sur la mer déchaînée sa foudre destructrice qui à tout instant menaçait de s’abattre sur le bateau.
Manoeuvrant la grand voile dans le vacarme libéré par chaque éclair, Link s’accrochait de toutes ses forces au fragile espoir que représentait le mince morceau de tissu et qui, peut-être, lui permettrait de sortir son embarcation de ce mauvais pas.
Seulement voilà, ce jour-là, la chance devait se trouver bien loin de cet endroit et dans un éclair de lumière aveuglante, la foudre s’abbatit sur le navire, faisant éclater le mat en des milliers de fragments enflammés.
Lorsque le bateau sombra, avidement englouti par une mer qui l’avait autrefois porté, il restait suffisamment de force à Link pour s’accrocher au premier débris venu. Mais lui aussi, vaincu par la somme d’efforts qu’il avait dû fournir pour maintenir son navire à flot, sombra dans un sommeil durant lequel il devait dériver au grès des courants marins.

 

 

Lorsque Link se réveilla, il était étendu dans un lit bien douillet, maintenu au chaud par une lourde couette dont le parfum lui rappela celui des fleurs des champs aux environ d’Hyrule. Tournant la tête vers sa gauche, il se rendit compte qu’une jeune fille le regardait fixement. Elle avait dû veiller sur lui durant son sommeil… la dévisageant, il trouva qu’elle ressemblait étrangement à la princesse Zelda à part que ses cheveux avaient la couleur du miel. “Zelda...” fut d’ailleurs le premier mot qu’il parvint à prononcer, mais la jeune fille s’appelait Marine, un nom qu’il trouva magnifique tant son amour pour la mer avait toujours été plus fort que tout.
Devant l’air surpris que le jeune homme affichait, Marine s’empressa de lui raconter qu’elle l’avait secouru alors qu’il était étendu inconscient sur la plage de Cocolint au milieu des débris de son bateau.
Cocolint ? C’était le nom de l’île sur laquelle il se trouvait. Si paisible autrefois, Cocolint était aujourd’hui une île bien mystérieuse où les monstres avaient fait dernièrement leur apparition. Une île où le centre était occupé par un œuf géant, perché au sommet du mont Tamaranch.

 

 

Etrangement Link ne se sentait plus fatigué, il avait la sensation d’être sorti du cauchemar de la veille pour entrer dans un rêve où il pourrait se lever et partir de nouveau à l’aventure sans prendre le temps de se sustenter.
Une fois qu’il fut debout, il remarqua un homme d’âge mur au fond de la pièce. Marine lui présenta Tarquin son père, un homme rond au visage accueillant qui plut aussitôt à Link. S’approchant, l’homme lui remit le bouclier qu’il avait trouvé sur la plage au milieu des décombres et lui souhaita bonne chance.

La plage, justement, c’est là que devait se rendre Link pour voir s’il pouvait récupérer quelque chose d’utile ayant survécu au naufrage. Mais il devrait faire très attention, Marine l’avait averti, des choses pernicieuses étaient à l’œuvre en ce moment sur l’île, des choses suffisamment puissante pour faire ressurgir du néant les monstres qui aujourd’hui en hantaient chaque recoin.
Son bouclier en main et après avoir jeté un dernier regard à Marine, Link sortit de la maison et, quittant le Village des Mouettes, partit vers le sud.

 

 

Bien vite, il atteignit une petite crique plantée de hauts palmiers, bien à l’abri des rochers. Ce qu’il avait espéré retrouver en quittant la maison de Marine était délicatement posé sur le sable blanc. Il accourut et se penchant, étendit le bras pour ramasser son épée, l’épée qui l’avait accompagné durant ses précédentes aventures, celle qui l’avait maintes et maintes fois sorti des plus inextricables situations. Le sourire aux lèvres et la main fermement serrée autour de sa garde, il la regarda comme on regarde quelque chose qui nous est cher puis la passa entre sa tunique verte et sa ceinture de cuir.
Il s’apprêtait à quitter cet endroit, quand surgissant de nul part un hibou au plumage brun vint se poser à quelques mètres de lui. Chose plus surprenante encore, l’animal parlait et s’adressa directement à lui. Il lui expliqua qu’il allait devenir son guide et qu’il l’aiderait dans les aventures semées d’embûches qui semblaient se profiler devant lui.
Link apprit également que le seul moyen pour lui de quitter cet endroit enchanté était de réveiller le Poisson-Rêve qui dormait dans son œuf au sommet du mont Tamaranch. Seulement voilà, pour tirer cet animal fabuleux de son profond sommeil, il lui faudrait réunir huit instruments magiques férocement gardés par des monstres assoiffés de sang humain au cœur de huit caves fermées à double tour.

 

 

Le Violon des Vagues, la Conque de l’Ecume, la Cloche des Algues, la Harpe de Reflux, le Xylophone Marin, le Triangle de Corail, l’Orgue de l’Embellie ainsi que le Tambour des Marées, tous devraient être extirpés des profondeurs de caves infectes où dormaient des bêtes bien plus terrifiantes que celles qui hantaient les environs du village. Link avait déjà combattu ce genre de créatures autrefois et dans ses yeux brillaient les souvenirs de centaines de combats titanesques durant lesquels il avait dû se mesurer à des monstres de cauchemars.
Il était déjà prêt à partir ; il irait exhumer ces instruments et s’en servirait pour quitter cet endroit, même si pour y parvenir il devait perdre quelque chose de bien plus précieux que sa vie…


Durant cet aventure qui devait le mener face au Poisson-Rêve, Link se fit de nombreux amis et renforça les liens qui le rapprochaient un peu plus chaque jour de Marine. Il libéra Tarquin d’un “terrible” sortilège, extirpa des griffes des Mobelins Toutou le chien de madame Miaou-Miaou, dialogua quotidiennement par téléphone avec Pépé le Ramolo qui lui prodiguait toujours de judicieux conseils, apprit à pêcher le gros, se fit aider d’un poulet volant, sauva Papounet le papa des quadruplés lorsqu’il se perdit dans les montagnes et fit la connaissances de chacun des merveilleux habitants du Villages des Animaux où la Ballade du Poisson-Rêve que chantait Marine était un morceau fort apprécié.

Mais au cours de son périple, une question hanta Link durant toutes ses nuits de repos : qu’allait-il advenir de l’île Cocolint et de Marine lorsque le Poisson-Rêve se réveillerait ?...

 

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