De l’influence de Hans Ruedi GIGER sur l’univers video-ludique

Mise en garde : Il est possible que certaines images (érotique, horreur...) tirées des oeuvres de H.R. GIGER puissent nuire à la sensibilité des plus jeunes.

Introduction

L’œuvre de toute une vie...

Hans Ruedi Giger, artiste contemporain né à Chur en Suisse, est dès son plus jeune âge fasciné par le morbide et le surnaturel.
Exerçant dans un premier temps ses dons en dessin à l’aide d’encre de Chine, les limitations artistiques inhérentes à cette technique l’amèneront progressivement à l’utilisation du pistolet à peinture qu’il finira par maîtriser totalement, pour créer des œuvres de qualité “photo réaliste”.

Impressionné par la qualité et l’originalité du travail qu’il expose dans Necronomicon I, Ridley Scott viendra lui rendre visite à Zurich dans son atelier, afin de lui proposer de collaborer sur le projet ‘Alien’ et plus particulièrement sur la création d’un monstre extra-terrestre.
Emballé par l’idée de créer de toutes pièces un monstre d'horreur/science-fiction, après l’abandon de l’adaptation du livre ‘Dune’, Giger accepte et s’embarque dans ce nouveau projet dont il est sans doute loin d’imaginer la portée et le succès ultérieur.

Travaillant pendant deux ans à la création du monstre, c’est finalement en 1979 que sortira sur les écrans le film Alien, célébrant ainsi la naissance du plus effrayant monstre de science-fiction jamais imaginé et d’un univers “bio architectural” saisissant de réalisme et de monstruosité.

Bio architecture ? Qu’est-ce qu’il dit ?

Le style bio architectural fait intervenir un enchevêtrement de courbes et de formes d’apparence biologique assemblées en une architecture cohérente, recréant un monde boursouflé et suintant et donnant ainsi l’illusion du vivant. Il découle de l’observation de certains insectes et de leur capacité à modeler leur environnement à partir de sécrétions biologiques qui, en séchant, deviennent des concrétions, tubulaires ou en coussinets, dont les formes et les couleurs sont liées à leur anatomie.
A partir de cette idée, la créature Alien est aisément capable de se fondre dans son environnement, de fusionner avec en quelque sorte et de se camoufler de la manière la plus efficace qui soit.

“And the Oscar goes...”

Consacré l’année suivante par un Oscar dans la catégorie ‘Best Achievements for Visual Effects’, Giger deviendra par la même occasion mondialement connu, imposant un style qui lui est propre et que beaucoup qualifieront de “alien-esque”. Style qui perdurera et sera exploité, avec ou sans l’aide de Giger, à travers trois séquelles du film Alien, plus ou moins réussies.

Et la biomécanique, alors ?

Le style alien-esque, expression artistique d’une bio architecture monstrueuse, trouve son origine dans un autre style dit “giger-esque”, alliance ou fusion du vivant et du métal, voire de la machine : la biomécanique au sens large, que l’artiste exposera dans le livre H.R. Giger’s Biomechanics.

Excellant dans l’art subtil d’allier la chair au métal dans un chaos toujours maîtrisé, toujours cohérent et suintant de monstruosité, Giger ralliera à lui des dizaines de milliers de fans à travers le monde, mais aussi des artistes qui, bien des années plus tard, toujours subjugués par cette “terrible beauté” dont parle Harlan Ellison dans la préface du livre Biomechanics, tenteront, par le biais de leur propre art, dont celui du jeu vidéo, de lui rendre hommage.

Exit les adaptations plus ou moins réussies découlant des licences de films et manquant cruellement d’originalité, j’ai choisi de consacrer ce dossier à des jeux exploitant au mieux le style alien-esque et plus généralement giger-esque dans ce qu’ils ont de plus “terrible” et de plus “beau”, alliant de concert bio architecture et biomécanique.
Ainsi, fidèle aux jeux qui m’ont donné envie d’écrire ce dossier : les shoots dans ce qu’ils ont de plus général, je tenterai d’en extraire la substantifique moelle qui les connecte à l’art de Giger, à qui je tiens à rendre hommage ici, ne serait-ce que pour la fascination que j’éprouve, mais aussi les indicibles frissons qui me parcourent lorsque j’ouvre un de ses livres...

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