
Amiga - 1990 - Factor 5 - Rainbow Arts
|
Turrican est le premier épisode d'un des jeux de plateformes les plus
prisés sur Amiga. Les clés de son succés ? Des
graphismes plutôt fins pour l'époque, des niveaux gigantesques,
une action trépidante et des musiques de Chris Huelsbeck toujours
superbes. Mais aussi un niveau entièrement consacré au
style artistique de Giger... |
![]() Niveau 2 - Ce boss de milieu de niveau annonce clairement la couleur. |
|
Dans le premier Turrican, le niveau 4 est bien un niveau giger-esque, l'environnement est bio architecturé et hostile : gouttes acides à éviter, crocs aiguisés, piques et autres pieux accérés... Les monstres ne sont pas légions, mais ils ont tendance à être très dangereux dans le sens ou ils vous suivent et tentent souvent de rentrer en contact avec vous. Mais la vraie difficulté ne réside pas uniquement là, car les niveaux qui composent ce monde comme bon nombre des niveaux de ce jeu sont de vrais labyrinthes de pentes et de plateformes qui se ressemblent toutes. Le risque est donc de se perdre dans des dédales monstrueux et de céder à la panique... Côté environnement sonore, ici pas de musique, mais des bruitages collant parfaitement à l'atmosphère se dégageant de ce monde : des bruits de mâchoires qui claquent et un vent qui n'en fini jamais de souffler. Mention spécial pour le boss de fin de ce niveau qui, avec ces trois gueules béantes bardées de nombreuses dents est très original et vraiment terrifiant. Il fait selon moi partie du top trois des monstres giger-esques ne s'inspirant pas directement du film alien et témoigne de l'inspiration des graphistes du jeu... |
|
![]() Niveau 4 - Une embuscade d'araignées. |
![]() Niveau 4 - Le boss du niveau est clairement giger-esque. |

Amiga - 1991 - Factor 5 - Rainbow Arts
| Avec Turrican II, sorti un an après le premier opus, autant le dire tout de suite, les graphistes ont placé la barre extrêmement haut. Beaucoup plus coloré, le jeu est également mieux pensés avec des niveaux moins labyrinthesques et plus agréables à parcourir, mais également d'excellentes idées comme plusieurs niveaux de shoot'em up au gameplay exceptionnel. | ![]() Monde 2 - Un boss métallique certes, mais muni de deux pinces grappin. |
![]() Monde 3 - Un mélange de bio et de méca... |
![]() Monde 5 - Cette image parle d'elle-même... |
|
On retrouve également avec plaisir un niveau plus alien-esque que jamais où des mâchoires d'aliens fusionnent avec un décor bio architecturé somptueux et tirent leur langue grappin dans l'espoir de vous aggriper au passage. Une faute d'inattention et c'est une mort douloureuse assurée, dans un terrible bruit de craquements d'os et de vertèbres. Encore une fois, pas de musique ici mais des bruitages de circonstance : les battements ininterrompus d'un coeur et différentes vociférations d'aliens plutôt angoissantes. Un vrai régal... Le bestiaire est à l'image du niveau : dangereux. Outre une apparition très remarquée des couveuses alien-esques et des "agrippeurs de visage", les autres monstres se fondent parfaitement dans ce décor de cauchemar : des yeux bondissants, des magmas cracheurs ou encore le terrible "manu-manu", un monstre constitué d'un oeil scruttateur greffé sur quatre doigts agiles. Contrairement au premier opus, ce monde ne se termine pas par un boss giger-esque, puisque c'est le dernier monde du jeu, vous devrez affronter la Machine en personne... dommage. Mais étant donnée l'architecture de ce monde et son extrême dangerosité, on pourrait presque le considéré comme une gigantesque entité vivante et par extension comme un boss giger-esque tenant sur tout un niveau... Petite anecdote amusante, à la fin du jeu, après les remerciements, on apprend que l'un des monstres du niveau en question porte le doux nom de "H.R.G. IGER". Un hommage clair, net et précis. Je me demande encore lequel cela peut bien être... les mâchoires gobeuses de Turrican peut-être ? |
|

Amiga - 1993 - Factor 5 - Rainbow Arts
Megadrive - 1994 - Factor 5 - Data East USA
| Pour clore cette analyse de la série des Turrican, j'ai choisi de tester la version Megadrive de Turrican 3, j'ai nommé Mega Turrican. Affichant 64 couleurs au lieu de 32 sur Amiga et des parallaxes de fond souvent plus réussies et animées, la version Megadrive est donc légèrement supérieure graphiquement, même si l'on peut constater que les premiers plans des deux versions sont identiques... Le plaisir de jeu est quant à lui le même, même si sur la version Megadrive les infos de jeu ont été incrustées à l'écran. | ![]() Monde 1 - Le premier boss est un amas de chair d'où sortent des mâchoires béantes et des grappes d'yeux obscènes... |
|
Comme d'habitude depuis le début de ce dossier, le monde qui nous intéresse utilise un style très alien-esque, où l'on retrouve les ingrédients présents dans tout niveau de ce type : des décors incorporant des enchevêtrements de formes giger-esques, des faces d'aliens exhibant fièrement leur dentition impressionnante, des couveuses et les "agrippeurs de visage" qui en sortent, des aliens à la démarche féline, un peu comme dans le film Alien 3, ainsi que d'autres monstres un peu plus exotiques comme les magmas cracheurs, déjà rencontrés dans l'épisode précédent et de gros aliens ailés. Petit reproche concernant ce niveau : je le trouve tros classique dans sa
conception, trop calqué sur les films Alien... Il faut dire qu'au
bout de trois fois j'ai eu le temps de me lasser un peu. C'est de cela
dont je parlais, quand au début j'évoquais le fait que
les graphistes avaient exploité le style de Giger jusqu'à
la lie. Cette fois-ci, c'est trop convenu, cela ne nous surprend plus. |
|
![]() Monde 4 - Le monde alien-esque est plus classique que précédemment. |
![]() Monde 4 - Un labyrinthe où l'on est guidé par des flêches nous indiquant la sortie. |
![]() Monde 4 - Une tapette à mouche géante aurait été très utile ici. |
![]() Monde 4 - Arpentez les toits d'un train giger-esque lancer à pleine vitesse. |
![]() Monde 4 - Un boss pas bien original. |
![]() Monde 4 - La reine alien... trop classique. |
| Vous l'aurez compris, la série des Turrican étant une des séries majeures de l'Amiga, chaque monde alien-esque qui y a été développé a fait frissonner et émerveillé bon nombre de joueurs. Utilisant dans un premier temps un style giger-esque très original propre aux graphistes, ce monde a atteint son apogée dans le deuxième épisode, en se rapprochant un peu du film certes, mais en proposant une expérience provoquant des frissons à répétition. Après de telles débauches d'originalité et de moments inoubliables, ne soyons pas trop surpris que sur la fin les graphistes aient fini par s'essouffler et par coller de manière trop prononcée au style des films, cédant ainsi à la facilité et lassant certains joueurs (je parle pour moi là, lol)... |
Amiga Chapter.One - © Aligarion